dimanche 18 janvier 2009

Et si la relance venait des start-up et des PME ?

Par Philippe VANNIER,

Le Plan de Relance gouvernemental français, sous la tutelle du Ministre de la Relance économique, M.Patrick Devedjian, a pour objectif de redynamiser l'économie française dans un esprit novateur, car le carcan de l'habitude a stratifié les processus de décisions.
Il s'agit, pour réaliser ledit objectif, de renouveler le mode d'emploi de la participation de l'Etat à la croissance économique par une action forte et innovante.
La question clef réside dans le souci de relancer les investissements dans le but de mettre en place sur le territoire national une stratégie où le retour sur investissements puisse se traduire par la création d'emplois et par l'essor industriel, contribuant de facto à la relance de la consommation, nationale.
Pour conduire un programme d'investissements important, les gouvernements précédents ont eu, jusqu'alors, recours à des déblocages de budgets qui se sont traduits par de spectaculaires commandes auprès de très gros industriels français. Pourtant, les contraintes pesant sur ces «champions nationaux» sont fortes. Celles-ci portent moins sur l'innovation et l'emploi en France que sur l'achat de parts de marchés à l'international pour y gagner une légitimité.
Malheureusement, pour pouvoir acheter ces parts de marchés à l'étranger, ces groupes sont contraints d'accepter des obligations de compensations locales coercitives, qui ne servent ni l'emploi, ni l'économie directe nationale.
Ceci se vérifie à travers les données économiques de ces grandes entreprises. Ainsi, au cours des trois dernières années, le chiffre d'affaire des quatre «champions nationaux» de la Défense, Alcatel, Thales, EADS et Safran, a augmenté d'environ10%. En revanche, sur la même période, les effectifs que ces groupes emploient ont considérablement fondu. Parallèlement, l'achat de prestations ou d'équipements étrangers a sensiblement augmenté.

Les champions du CAC 40 n'ont pas la mentalité des start up et orientent leurs recherches en fonction de leur rôle d'ensembliers et de prestataires de services d'ensembles «clefs en main», qui nécessitent plus d'adaptation locale que de création.
Réserver une part des budgets au bénéfice des vraies start up (reconnues, travaillant déjà pour la DGA ou toute autre société d'Etat) pourrait nous permettre de rivaliser avec les Américains et les Israéliens dans le domaine de l'innovation technologique. C'est ainsi que ces grands groupes sont devenus de plus en plus des ensembliers au détriment de la R&D conduite en France, et ce malgré des engagements nationaux qui n'ont jamais été aussi élevés.
On peut raisonnablement penser que tout investissement de l'Etat au travers de cette filière se traduise, en France, par un retour sur investissements fort limité, de l'ordre de 20%.

A l'inverse, on observe au sein des PME (<50M d'euros) et des entreprises de taille intermédiaire, les ETI, (de 50 à 200 M) une corrélation directe entre croissance du CA et effectifs.
Elles constituent un formidable moteur de croissance salariale. En effet, ces entreprises n'ont pas les contraintes de segments de marchés et de retour géographique imposées aux grands groupes et peuvent donc se consacrer à l'innovation en maintenant leurs activités de R&D dans leur pays d'origine.
D'ailleurs, dans tous les pays, et en particulier aux USA et en Israël, on constate qu'elles sont les sociétés les plus novatrices, et qu'elles développent parallèlement un chiffre d'affaires à l'export en forte évolution, associé à des effectifs en forte hausse.
L'efficacité de cette politique de soutien national aux ETI innovantes se mesure aussi en comparant le nombre de brevets déposés par les sociétés israéliennes ou américaines à celui des sociétés françaises. Une comparaison édifiante.
Le recours à l'investissement massif sur de grands programmes innovants à travers les PME et les ETI créerait un retour sur l'emploi, sur l'innovation et donc un effet très positif sur la relance économique dans notre pays.

Tout en participant activement au plan de relance, il s'agit donc, simultanément, de viser à moyen terme trois objectifs :
- réaliser des avancées technologiques majeures pour l'économie nationale
- dynamiser le secteur industriel le plus créateur d'emplois
- contribuer à un profond changement de culture, valorisant la créativité et l'esprit d'entreprise...

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire