Par Gilles Norroy,
C’est dans l’épreuve que l’on distingue les hommes d’Etat.
Nicolas Sarkozy vient de démontrer cette qualité à deux titres : en tant que Président de la République et en tant que Président de l’Union Européenne.
On peut retenir de son action, l’esprit de décision, l’énergie, la vitesse d’exécution, l’imagination et surtout le sens de la coopération dans les mesures qu’il a su faire adopter en France et en Europe, pour faire face à la crise financière mondiale.
Cela n’allait pas de soi de rassembler les Etats européens dans la recherche d’une solution commune, de surmonter notamment la frilosité allemande, encore moins de faire adopter par le Président américain, dans le vide politique qui règne avant les élections, une décision de convoquer un sommet mondial.
Garantir les dépôts des particuliers, recapitaliser les banques les plus fragiles, assurer la liquidité interbancaire sont autant de bonnes décisions pour faire face à la crise financière.
Relancer l’économie en injectant plus de 20 milliards d’euros dans les P.M.E, le bâtiment, par un programme de 30 000 logements sont des décisions importantes pour lutter contre les menaces de récession.
Ces mesures seront-elles suffisantes pour faire face à la crise ?
Il est encore trop tôt pour le dire et le Président lui-même dans son discours devant le parlement Canadien souligne qu’il faut aller plus loin, à l’échelon mondial cette fois pour mettre en œuvre les régulations nouvelles de l’économie internationale que seul peut décider un nouveau Bretton-Woods.
Cette action du Président de la République est saluée par la quasi totalité de la classe politique européenne.
Tous les pays européens qu’ils soient d’inspiration social-démocrate, comme l’Espagne ou la Grande-Bretagne, ou libérale ont d’ailleurs pris des mesures similaires.
Il est dommage qu’en France une unanimité de la classe politique n’ait pu être obtenue à la différence de pays comme l’Espagne, pour ne citer que cet exemple, où l’opposition a soutenu les mesures du Premier Ministre socialiste Zapatero.
Le Parti Socialiste a donné l’impression de regarder la crise financière en faisant la tête d’une poule qui trouve un couteau. Le souhait de quelques uns de repousser le congrès prévu à Reims en Novembre, l’absence de contre-propositions traduisent bien cette panique devant les choix politiques à faire pour défendre l’économie française.
Voilà une raison de plus de dire que notre choix de 2007 était le bon : même si les turbulences sont encore fortes il est rassurant de savoir qu’il y a un pilote dans l’avion.
mardi 21 octobre 2008
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